Whapmagoostui

Stages en soins infirmiers chez les Cris

Ça fait déjà une semaine  que nous sommes retournées de cette merveilleuse aventure. Il faut dire qu’il fallait y être pour vraiment comprendre c’était quoi. Souvent on entend parler du rôle de l’infirmière en région éloignée et des grosses responsabilités que celui-ci implique, par contre en le voyant et en ayant eu l’opportunité de le vivre et d’y participer, j’ai pu avoir un vrai aperçu de ce que celui-ci impliquait.

J’ai rencontré des gens incroyables qui avec leur expérience et leur vécu ont été en mesure de nous montrer exactement les besoins de la communauté et ce à quoi on s’attend de la part de l’infirmière dans la réserve. C’est une petite communauté où on apprend à connaître nos patients avec le temps et la relation avec ces derniers devient à son tour différente.

Suite au retour, les paysages de la ville sont si différents de ceux qu’on s’était habituées de voir.  On a eu droit à quelques spectacles d’aurores boréales et des vues si agréables de la baie et de la nature.

Comme Stephanie l’a dit, je suis sure qu’on a réussi à donner le goût à certains d’explorer un peu plus ce côté-ci de la profession. Pour ma part, les infirmiers et infirmières qu’on a rencontrés ont réussi à me partager l’envie d’aider et de connaître cette autre culture et cette communauté.

Un grand merci à tous ceux qui nous ont suivi tout le long de ces trois semaines !

Erika

 

Waachiye !

Déjà 1 semaine que nous sommes revenues dans le Sud (Montréal). À mon retour, j’étais très contente de retrouver ma famille et mes amis ainsi que la chaleur (les gens qui me connaissent savent mon amour envers le soleil et les pays chauds)! Cependant, j’ai la nostalgie des bons moments passés avec la gang à Whapmagoostui, des journées à la clinique où nous apprenions plein de nouveaux trucs avec les mamans nurses, des promenades sur la réserve, les aurores boréales, nos fous rires à l’appart, nos soupers gastronomiques sans oublier les fameux gâteaux et la banik que le cuisinier Hop nous préparait et bien sûr il y avait nos amis les chiens de la réserve qui ne manquaient jamais l’occasion de venir nous saluer en échange d’un petit bout de viande!

J’ai eu beaucoup de plaisir à raconter nos péripéties et nos apprentissages à mon entourage! Je crois même que nous avons transmis à certains le goût de vivre l’aventure du Grand Nord! À travers ce stage, j’ai pu vraiment expérimenter le rôle de l’infirmière en région éloignée qui est beaucoup plus que ce que nous pouvons imaginer. Elle est non seulement l’infirmière à la clinique que nous pouvons consulter pour n’importe quel problème, mais elle est aussi une amie pour toute la communauté et les gens s’attachent beaucoup à elle. Elle est donc indispensable.

Merci à tous de nous avoir suivies dans nos aventures! Je suis très fière d’avoir eu la chance de participer à un stage aussi enrichissant avec des gens géniaux qui nous ont transmis leurs connaissances! Définitivement une expérience à revivre à nouveau!

Kim

J’ai reçu un courriel cette semaine d’un adjoint pédagogique retraité d’Édouard Montpetit. Ses arguments résument bien quelques raisons principales pour faire ce type de stage. Il a accepté que je le publie sur le blogue.
« Du fond de ma campagne, j’ai suivi avec intérêt le récit du stage que vous avez réalisé à Whapmagoostui en me souvenant du groupe d’étudiants que j’y ai accompagné en 2008 avec Johane et Catherine.  D’abord je félicite tous ceux et celles qui ont rendu possible ce projet de mobilité étudiante et j’en profite pour réitérer ma conviction que ce type de stage en milieu autochtone est une richesse qu’il faudrait entretenir.
D’abord il me semble important qu’un plus grand nombre de citoyens du Québec connaissent davantage cet immense territoire et ceux qui l’habitent.  Le Québec c’est bien plus que le corridor qui longe le Saint-Laurent où vit la très grande majorité de ses citoyens.
Il est aussi très intéressant que des futurs diplômés réalisent un stage dans un milieu québécois où l’accès aux services de professionnels qu’ils seront dans quelques mois, est difficile voire parfois inexistant.
Leur simple présence et l’exercice de leur métier au contact des habitants de ces régions pourrait aussi faire naître chez certains jeunes rencontrés, le projet de revenir un jour dans leur communauté pour y exercer ce métier.  Qui sait s’ils ne s’inscriront pas à Édouard Montpetit en Denturologie, Techniques dentaires, Orthèses visuelles ou Soins infirmiers ?
Encore une fois félicitations et bravo! »
_____________________________________________________
This week I received an email from a retired pedagogical advisor from the college. I found interesting and asked him if I could publish it on the blog. Here is a liberal translation.
…I followed the stories  of your stage in Whapmagoostui, while remembering the group of students I accompagnied there in 2008 with Johane and Catherine.  Firstly, I want to congratulate all those that rendered this experience possible.  I also  would like to reiterate my conviction that this type of stage in native communities is a wealth that needs to be maintained.
I think it’s important that a great number of quebequers know a bit more about this vast territory and those how reside in it.  Quebec is more than the corridor that  borders the St-Lawrence where most of it’s people live.
It’s also very interesting that future graduates realize a practical experience in our province, where access to professional services is sometimes limited or not available.
The fact that they practice their future profession in that community, might ignite a spark of interest in the youth, in nursing or other professions like dental hygiene, denturology,  or others professions given at Cegep Edouard Montpetit. And then go back and practice in their community.
Once again, congratulations ! 


Déjà près d’une semaine depuis notre retour à Montréal ! Je dois dire qu’au début, je trouvais ça un peu bizarre de ne plus mettre mon manteau et mes bottes, mais on s’habitue vite au beau temps !

Je garde un beau souvenir de mes 3 semaines dans le Grand Nord et de mon expérience en tant que stagiaire au dispensaire. J’ai énormément appris grâce aux nombreuses expériences de stage que j’ai vécues et grâce à la patience et à la gentillesse du personnel infirmier de la clinique. Ce stage m’a permis de voir un autre contexte de soins et de parfaire mon évaluation clinique.

Toutes les personnes de la communauté que j’ai rencontrées étaient très accueillantes et elles m’ont beaucoup appris sur la culture de leur peuple. C’est vraiment spécial de penser que cette communauté n’est qu’à quelques heures de chez moi et que leur réalité est à ce point différente de la mienne. Ce stage m’a permis de m’ouvrir à une autre culture et de faire la rencontre de gens très aimables et très ouverts aux autres.

Merci à tous ceux qui nous ont suivis sur le blog et qui nous ont encouragés à faire ce stage !

Je crois que cette expérience de vie fera de moi une meilleure personne, mais surtout une meilleure infirmière. Ce stage m’a permis de réaliser que le travail humanitaire m’intéresse beaucoup !

Alors les filles, à quand la suite de notre stage en Haïti avec Kim ? ;)

Stéphanie

Suite à l’article de Anne-Sophie : « Accord de la Baie James, séparation des communautés, sédentarité et diabète » : http://blogues.college-em.qc.ca/whap/wp-admin/post.php?post=311&action=edit , j’ai trouvé un reportage sur YouTube, réalisé en 2010 par CreeTVCBC,  et qui parle de certains aspects de la vie entre Cris et Inuits dans la communauté. Je vous rappelle que c’est la seule communauté où Cris et Inuits cohabitent. Ces vidéos ont été réalisés à la suite d’un drame dans la communauté. Mais je vous encourage à regarder tous les épisodes, afin de comprendre une réalité des gens qui y vivent. Vous pourrez admirer la beauté des paysages, tout en étant témoin de certaines difficultés qui sont vécues dans cette communauté et des moyens afin de mieux les traiter. C’est aussi un message d’espoir.

_______________________________________________

In a previous article, we spoke about an afternoon tea with elders. They spoke to us about the interactions between Crees and Inuits before and after the James Bay and Northern Quebec Agreement. Since our return, I found this video in 5 parts that speaks about this reality. It starts with an unfortunate tragedy. but it also speaks about hope. Here is how this series of videos describes itself: « To a newcomer the Cree community of Whapmagoostui (Great Whale) and the Inuit community of Kuujjuaraapik might appear to be one village. But in addition to distinct languages and cultures, each has its own administration, police force, and schools. The Crees & Inuits have been through a great deal together, but recently there have been eruptions of violence, particularly amongst the youth. Today, we bring you a feature story about a mixed couple who raise their children in this special place. »

 

 

 

Voici un petit souvenir de Kuujjuiarapik/Whapmagoostui: un diaporama conçu par André Morin, un infirmier qui travaille du côté Inuit du dispensaire.

Il m’a donné la permission de le diffuser sur notre blogue. Je crois que c’est un beau souvenir. Comme il est assez volumineux, j’ai dû attendre mon retour vers une connexion internet plus rapide pour le télécharger. Le voici donc. Merci André et merci aux figurants du diaporama !

 

Trois semaines déjà que nous sommes ici et nous quittons la communauté demain pour retourner chez nous à Montréal! Merci à tous les gens avec qui nous avons travaillé au dispensaire et à toute la communauté pour votre accueil chaleureux! Nous repartons avec des apprentissages et des souvenirs merveilleux dont nous nous souviendrons toute notre vie! Merci de nous avoir suivi dans notre aventure et merci pour tous vos commentaires encourageants! Nous espérons vous avoir donné le goût du Grand Nord! À très bientôt!

Three weeks have passed by since we arrived here and we have to leave the community tomorrow to return back home in Montreal! Thanks to all the people with whom we worked at the clinic, and to the community of Whapmagoostui for your warm welcome! We are leaving with great learnings and wonderful memories that we are going to remember for all our lives! Thanks for following us in this adventure and thanks for all your encouraging comments! We wish that we gave you a great taste of the North! See you soon!

Anne-Sophie, Kim, Érika, Déborah, Pénélope, Valérie, Stéphanie et Cécilia.

 

On parle de nous dans le journal La Relève, l’hebdo de la MRC Marguerite-D’Youville, à la page 27.

Voici le lien vers l’article :

http://www.myvirtualpaper.com/doc/la-releve-edition-de-la-mrc-de-marguerite-dyouville/rm02regu20120328/2012032701/#27 

Et voici le contenu :

Des étudiantes en Soins infirmiers du collège Édouard-Montpetit
en stage chez les Cris
Longueuil, 19 mars 2012 – Du 10 au 31 mars, sept finissantes en Soins infirmiers du collège Édouard-Montpetit expérimentent le rôle élargi des infirmières en région éloignée en prenant part à un stage dans la communauté de Whapmagoostui (ou Grande Baleine), dans le Nord du Québec. L’excursion nordique est l’occasion de découvrir de nouvelles pratiques et de s’initier à la culture amérindienne, tout en mettant en application les connaissances apprises au cours de la formation collégiale.
Les finissantes sont heureuses de pouvoir vivre une expérience de ce type « Nous serons CEPI et presque infirmières au mois de juin et avec ce stage j’espère consolider mon autonomie, ma confiance, mon jugement clinique en plus de faire des évaluations plus que complètes » indique Déborah Epars, étudiante qui participe au projet. 
Depuis 2010, des finissantes du programme de Soins infirmiers du Collège ont la chance d’enrichir leur formation et de pousser plus loin l’expérience d’ouverture sur le monde grâce à la professeure Cécilia Ariano, enseignante initiatrice du projet et accompagnatrice. Forte de son expérience en région éloignée, Mme Ariano a eu envie de partager ces belles expériences avec ses élèves et de là a commencé la création de ces différents projets de stages.
Pour en connaître davantage sur le stage de cette année, le blogue des étudiants est disponible au http://blogues.college-em.qc.ca/whap/. On y retrouve, un peu comme dans un journal de bord, quelques anecdotes vécues permettant de découvrir la région, les gens qui y habitent et leur culture.
 
SOURCE :        Josianne Marcotte
Technicienne en communication
Direction des communications, des affaires publiques et des relations gouvernementales
Collège Édouard-Montpetit, Longueuil
450 679-2631, poste 2238

 

Merci beaucoup

Nous l’avons déjà mentionné, le rôle de l’infirmière en région éloignée est bien différent de celui d’une infirmière « du sud ». Par exemple, ici dans le Grand Nord, une infirmière peut faire des points de suture à un patient. Il y a bien évidemment certaines restrictions qui demandent soit l’accord d’un médecin ou le travail d’un médecin tout simplement. Par exemple, une infirmière ne peut généralement pas recoudre toute blessure se trouvant dans la zone du visage, il faut que ce soit le médecin. Par contre, certains d’entre eux vont donner leur accord à l’infirmière afin qu’elle procède lorsque celle-ci est expérimentée.

En tant que stagiaires dans le Grand Nord, Cécilia et d’autres infirmières nous ont appris comment faire des points de suture. Il y a plusieurs choses à considérer avant de commencer.

  • Il faut s’assurer que nous pouvons recoudre la zone (ex: pas dans le visage, une blessure superficielle).
  • Choix du fil: Il y a différentes grosseurs pour les aiguilles et les fils. Les plus petits vont être utilisés pour des endroits où l’on ne veut pas laisser de cicatrices trop apparentes (ex: visage). Les plus gros fils seront utilisés dans des zones où la peau subit de plus fortes tensions (ex: articulation comme le genou). Il y a aussi des fils qui se dissolveront avec le temps et d’autres qu’il va faloir couper après 5 à 10 jours.
  • Anesthésie: On utilise de la xylocaïne 1 ou 2 % afin d’anesthésier localement la région à recoudre. On peut choisir un solution avec de l’épinéphrine. Cette dernière crée une vasoconstriction et est donc utilisée pour les endroits plus susceptibles de saigner. TOUTEFOIS, on ne prend jamais de la xylo avec épi pour recoudre une blessure située sur les extrémités du corps (ex: doigts, oreilles…), car la circulation risque d’être complètement compromise en raison de la petite taille des vaisseaux sanguins à cet endroit et les tissus pourraient mourir.
  • Nettoyage: Il est important d’effectuer un nettoyage en profondeur de la plaie, car si l’on fait des points de suture où il reste des débris, grands sont les risques de causer une infection. Le nettoyage peut se faire avec du NaCl et de la chlorexidine une fois que le patient est sous l’anesthésie locale. De plus, effectuer des points de suture est une technique stérile.
  • Une fois le nettoyage complété, nous sommes prêts à faire les points. Il ne s’agit pas d’une technique très compliquée, elle demande seulement de la dextérité. C’est comme autre chose, on devient bonnes en pratiquant! Chaque personne a ses trucs qui fonctionnent pour elle. Une fois les points terminés, tout dépendant de la zone et du type de point, on avise le patient de quand il doit revenir pour les enlever et du type de pansement qu’il doit mettre dessus si besoin il y a. On lui enseigne également les signes d’infection (douleur, chaleur, rougeur, oedème) et on lui dit de revenir s’il les observe.

Voici quelques photos de nos chef-d’oeuvres!

Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom

Une semaine plus tard, on se retrouve à l’école crie. Cette fois-ci, nous avons eu la chance d’avoir plus de spectateurs. Nous avons fait notre enseignement sur la nutrition à des classes de 3e et 4e année. Ils semblaient tous très contents et participaient beaucoup. Ce fût vraiment agréable de leur enseigner, ils étaients très chous.

Ensuite, nous avons rencontré les adolescents de 3e secondaire. Ils étaient environ 7 au total. Plus tranquilles et plus gênés, ils paraissaient tout de même porter attention à notre enseignement. Enseigner à ces jeunes fût une expérience enrichissante pour nous. Nous espérons avoir semé une graine qui éventuellement pourra germer. À suivre…

Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom
Sans nom

Erika et Anne-Sophie